Que ne parle t-on pas abondamment en ce moment de la rémunération des patrons, de leurs indemnités de départ (ie les 3M€ de M. Morin de Valeo), de leurs stock options, etc.
Alors qu'on est en pleine crise, et que certaines sociétés affichent des résultats en fort baisse ou carrément en perte, il y a parfois un côté indécent, même si les jugements de valeur hâtifs ne sont jamais opportun, à voir un patron recevoir des millions, voire des dizaines ou des centaines de millions de rémunération (comme on a vu aux US).
Pour autant, les patrons ne se versent pas eux-mêmes leurs rémunérations, elles sont décidées par les Conseils d'Administration.
C'est à eux que revient la délicate tâche d'à la fois motiver le manager et de concilier avec l'intérêt général des actionnaires. Si certains patrons reçoivent une fortune alors qu'ils ont activement contribué à créer de lourdes pertes (re cas dans la finance américaine), c'est qu'on a alors affaire à un Conseil d'Administration incompétent qui n'a pas fait son boulot.
Alors, plutôt que de fustiger exclusivement les patrons, il faudrait aussi peut-être se tourner vers les Boards et que ceux-ci aient l'honnêteté et le courage de reconnaître publiquement leurs erreurs d'appréciation en ayant absolument pas aligné l'intérêt de la société avec la rémunération du CEO.
N'oublions pas que dans les Conseils il y a des administrateurs qui sont eux aussi parfois grassement payés, ce pour quelques réunions par an seulement, mais pour créer quelle valeur pour les actionnaires ? Ils ont beau rôle après...
La lâcheté n'est pas uniquement à chercher du côté des CEO, même s'ils en profitent bien et se gardent souvent de dénoncer le système.
Bravo à Warren Buffet qui depuis plus de 35 ans se verse un salaire fixe de 100K$, avec un patrimoine qui dépend exclusivement ainsi de sa perfomance avec Berkshire Hathaway, ou de Steve Jobs qui de fait a crée une valeur exceptionnelle pour Apple avec un salaire symbolique à 1$ pendant de nombreuses années.
Le problème c'est qu'il y a, il me semble, consaguinité entre les différentes parties prenantes à ce niveau. Trouve-t-on réellement un administrateur autonome, qui n'a pas fait la même grande école, n'a pas un lien de parenté, une collusion politique avec les patrons dont il doit assurer la rémunération et valider la stratégie ?
Quelle personne sensée ira dire, que le montant des jetons de présence est disproportionnée par rapport à la valeur apportée à l'entreprise ?
Posted by: Christophe | March 24, 2009 at 09:02 AM
un pdg d'un groupe est, en général, au conseil d'administration d'autres groupes. Ce système induit le fait qu'un petit cercle d'initié négocie entre eux de grosses rémunérations.
Les patrons sont donc responsables.
Posted by: Olivier | March 24, 2009 at 09:19 AM
Personnellement Warren B. et Steve S., sont pour moi des vrais entrepreneurs, à un moment de leur vie ils ont parié leurs propres billes... la notion de risque est totalement différente.
Mais c'est clair qu'on devrait penser à une réforme des boards pour éviter les "copinages", il faudrait éventuellement permettre une représentation des actionnaires minoritaires.
Posted by: fx | March 24, 2009 at 09:35 AM
La question est malheureusement récurrente et le législateur modifie la loi tout les 2-3 ans au gré de l’émotion publique. La vrai question est celle de la pertinence d’un complément de rémunération du dirigeant au moment de son départ (golden parachute). Alors que la prime d’arrivée (golden hello) est parfaitement souhaitable afin que la société puisse attirer des compétences professionnelles autant la prime de départ est sans justification. A ce titre, les anglo-saxons reviennent sur ce principe et sont désormais critiques sur les golden parachutes. Dans les sociétés en difficulté, la situation devient même très problématique car la conséquence de payer un parachute très élevé devient un frein à la révocation du dirigeant dont la gestion est pourtant critiquée. Il faut mieux alors refuser de payer quitte à aller devant les tribunaux …
Posted by: vincent | March 24, 2009 at 10:26 AM
Bonjour,
suite a l'article http://micheldeguilhermier.typepad.com/mdegblog/2009/03/les-fondamentaux-du-commerce-.html
avez vous reçu mon email sur votre boite @orange.fr
merci
Posted by: Yann | March 24, 2009 at 11:46 AM
Des problèmes de riches...
Je ne sais pas à partir de quel niveaux de rémunération il est difficile de garder les pieds sur terre ? Je suppose que cela depend des individus en question...
Mais comment conserver de telles rémunérations quand les pertes s'accumulent ? Cela devient du domaine de l'éthique et du "bon sens"...Je ne demande ce qu'il peut se passer dans la tête d'un tel "patron" quand il voit les chiffres...
Posted by: Nicolas B. | March 24, 2009 at 11:53 AM
les stocks options incitent également les dirigeants à prendre un maximum de risques pour jouer la montée des cours quitte à jouer le court / moyen terme et si cela ne fonctionne il ne reste plus qu'à partir avec son golden parachute, sans actionner les SO.
Posted by: fx | March 24, 2009 at 06:13 PM
1000 % d'accord avec ta conclusion ! Les USA ont des valeurs à nous apprendre !!
Posted by: Olivier Lévy | March 25, 2009 at 04:38 PM
Peut etre qu'au lieu de legiferer ou de décreter (en l'occurence) sur des niveaux de taxes, bonus ou de salaires "décents", il serait plus adéquat de mettre de l'ordre (moral et financier)dans l'organisation et la nomination des membres des conseils d'administration...
D'autre part, les stocks options tant décriées sont un excellent moyen pour les start up par exemple d'attirer des jeunes cadres ou ingénieurs.
Posted by: Clara | March 26, 2009 at 09:41 PM
Sans rentrer dans le débat et dans un autre registre, un autre exemple ici a New York d'un ex-entrepreneur devenu maire de sa ville pour $1: Bloomberg.
Posted by: Laurent Kretz | March 31, 2009 at 05:29 PM