Tout retailer, qu'il soit "e" ou pas, doit avoir l'oeil rivé sur 2 grands postes : la marge brute et les coûts d'exploitation.
Dans l'histoire de la distribution, un modèle a souvent "chassé" l'autre car il a d'une façon ou d'une autre réussit à se contenter de marges plus faibles, offrant ainsi aux consommateurs des prix plus bas, ce pour des produits strictement identiques ou juste comparables.
Et pour être rentable, avec des marges faibles, le nouveau modèle tablait d'une part sur le volume, qui à vrai dire vient assez naturellement quand on offre des prix significativement plus bas, et d'autre part sur des coûts d'exploitation plus faibles.
Quand Edouard Leclerc, le précurseur avant tous les autres, a commencé à faire du discount alimentaire en 1949, il vendait 20 à 30% moins cher que tout le monde, mais il en vendait des quantités faramineuses, dans des surfaces étriquées et "basiques", avec donc des coûts d'exploitation extrêmement faibles. Les consommateurs venaient pour le prix, le reste comptait peu.
Et la vérité est très claire : plus on a des coûts d'exploitation bas, plus on peut se contenter de marges faibles et être ainsi attractif aux yeux du consommateur, juge de paix s'il en est.
La frugalité est ainsi un véritable avantage concurrentiel fondamental.
Mais il faut faire attention à la nature humaine. On commence dans l'extrême frugalité parce qu'on a la niak, mais au fur et à mesure où on se développe et où on réussit, certains distributeurs peuvent avoir tendance à "s'empatter", à "s'embourgeoiser", à se faire un peu plus plaisir en terme de confort de travail et/ou à montrer ouvertement leur réussite : on se prend un salaire plus confortable, des bureaux plus grands, mieux situés, du mobilier plus cher, une secrétaire et pourquoi pas une 2ième, une belle voiture de fonction, on étoffe la structure pour se décharger, pourquoi pas pour faire des études de ceci ou cela, de beaux habits de marque, pourquoi pas faits sur mesure, une jolie montre hors de prix, on se paye un abonnement Netjet, on prend souvent l'hélicoptère, etc.
Les pauvres, on les comprend, ils ont sans doute tellement manqué de choses dans leur jeunesse qu'ils se rattrapent. Et pour le "show off", c'est tellement important pour eux de montrer à leur maman et à leur entourage qu'ils ont réussit !
Plus sérieusement, grand bien leur fasse d'agir comme cela, on ne va pas les psychanaliser, mais je retiendrais juste, plus pragmatiquement, que c'est leur faiblesse !
Car un trait commun aux très grands distributeurs que sont les frères Albrecht (Aldi), Sam Walton (Walmart), Edouard et Michel-Edouard Leclerc, ou les Mulliez (Gérard chez Auchan, Patrick chez Kiabi, etc), c'est que ce sont des gens qui sont intrinsèquement frugaux et qui finalement se contentent d'assez peu, dans la vie professionnelle comme dans leur vie personnelle. 40 ans après leur démarrage, ils sont toujours frugaux, car ils sont comme ça. Ils n'ont pas à se forcer à faire des économies ni à se restreindre personnellement dans leur train de vie, c'est leur ADN même : leur bonheur n'est pas dans l'obtention d'un statut social ni dans la possession de tous les symboles matériels qui y sont attaché, mais dans le développement incessant de leur entreprise ainsi que leur vie familiale.
Ce sont des gens sains et simples dont le bonheur se trouve dans des plaisirs tout aussi simples et sains en somme.
Au delà de leur frugalité générale, ces grands commerçants niakeux ont souvent innové dans les process, cherchant en permanence, et de façon souvent ingénieuse, à abaisser les coûts d'exploitation et optimiser toute la chaîne.
Inventé une nouvelle façon d'opérer et une nouvelle organisation afin de se contenter de petites marges, offrir ainsi des petits prix sans sacrifier à la qualité produit et service, voila un challenge qui me tente bien...
Stay tuned en 2010 !
Le prix, encore le prix, et toujours le prix.
N'y a t-il pas d'autres moyens de se différencier des concurrents ?
Perso, je préfère faire mes courses dans un monoprix que dans un leclerc ou tout autre hard-discounter : c'est certes un peu plus cher, mais j'apprécie la qualité de l'environnement. De même pour les produits, je préfère payer quelques centimes de plus pour un produit de meilleur qualité.
Bref, pour monter un business, mieux vaut se trouver un marché où le prix n'est pas le critère d'achat principal.
Posted by: Romain | December 28, 2009 at 11:48 PM
Romain, je ne serais pas aussi catégorique, et on arrive la dans le coeur du sujet, passionnant !
En ce qui concerne les façons de se différencier, et bien il faut simplement écouter les clients et ce qu'ils souhaitent : le prix est toujours une composante importante de l'acte de décision, mais c'est rarement la seule, ils attachent pour la plupart de la valeur à d'autres éléments.
Tu es l'exemple même du client qui attache de l'importance à l'environnement, et pas uniquement au prix, et tu es donc prêt à payer un peu plus pour cet environnement de qualité. D'autres se foutent de l'environnement, et d'autres encore (bien plus rare) se foutent presque du prix pourvu qu'on leur fasse des courbettes dans un environnement ultra sélectif !
Il est clair que jouer uniquement sur l'axe prix est toujours risqué et compliqué, mais ceci étant il n'y a pas de business facile, quel que soit le positionnement. Comme toujours, il faut etre le meilleur dans son positionnement, ce qui implique de travailler les coûts pour délivrer son offre au client de la façon la plus efficace.
A noter que Amazon est un vrai discounter (13 à 15% de marge brute moyenne sur les produits), très souvent le moins cher du marché ET, en même temps, arrive à délivrer un service fiable de très grande qualité.
On ne peut donc plus opposer carricaturalement bas prix et qualité de service.
Mais entre acheter une télé plasma Sony à 1000€ (par exemple) ici contre 750€ la, le choix est assez rapidement fait. A produit strictement comparable entre 2 retailers, le delta prix ne peut pas vraiment dépasser quelques %, sinon il est hors marché !
En ce qui concerne les produits alimentaires, il y a une différenciation par le goût (notamment), si bien que les produits ne sont pas strictement comparables et chaque consommateur peut appliquer le système de valeurs qu'il souhaite (prix, qualité, marque, etc).
Pour autant, de nombreuses marques distributeur offrent des produits d'excellentes qualité, parfois meilleures que les "marques nationales", ce à un coût inférieur. L'offre a été bien travaillé, les coûts ont été réduits SANS affecter la qualité de l'offre.
Posted by: Michel de Guilhermier | December 29, 2009 at 05:03 AM
Bien vu, amazon est le seul véritable discounter.
Un hyper avec une marge a 25 %, cela laisse tout de même un commerçant rêveur. 25% de 100-200 M€ de recette, il reste tout de même entre 25 et 50 M€ pour fonctionner le monstre. Cela reste une très bonne affaire. Le service y est il pour autant ?
Hier, je fais mes courses (dans une enseigne du groupe mulliez, la sachet est payant ! quand je pense qu'Amazon me livre gratuitement. Le e-commerce a de beaux jours devant lui
Quand à la frugalité, je pense qu'aujourd'hui il s'agit plus de dumping sur les prix pour faire tomber un pan de la distribution complet en s'appuyant sur les 25% de marge acquis par ailleurs.
Le reste c'est de la com.
Posted by: Francis | December 29, 2009 at 10:02 AM
A ajouter a ta liste: Ingvar Kamprad (fondateur d'IKEA).
Sans doute un des plus riches retailer (#5 chez Forbes 2009 - juste devant K. Albrecht) et au moins aussi frugal que Warren Buffet.
Posted by: Glob | December 29, 2009 at 12:07 PM
A la différence des autres Kamprad a inventé un concept : le meuble FFP (Fonctionnalité, forme et facile à être produit)...Ce qui pour moi le place au-dessus des "supers épiciers".
Il est plus avare que frugal parait il...Remarquez, ce n'est pas étonnant quand on a démarré dans la région la plus pauvre de Suède et en vendant des allumettes (wikipedia).
Posted by: Philippe | December 29, 2009 at 01:14 PM
Je ne sais pas exactement ce que vous entendez par frugalité, car concernant le train de vie des personnes que vous citez, ce n'est certes pas aussi extravagant que Mickael Jackson en son temps, mais bon ce n'est pas non plus la définition littérale de la frugalité...
Cela dit, je vous invite à lire cet article de Serge Halimi sur Walmart, cela permet de relativiser un peu:
http://www.monde-diplomatique.fr/2006/01/HALIMI/13083
Posted by: The Dudde | December 29, 2009 at 06:19 PM
The Dudde, il y a plusieurs livres écrits sur le sujet, je connais la théorie. C'est vraiment un faux procès, totalement orienté et biaisé, avec des élans de poujadisme sectaire !
La réalité est simple, soyons lucide :
1) Walmart crée de la valeur pour le consommateur en offrant des produits à des prix extrêmement bas car il tire ses marges et est extrêmement efficace opérationnellement.
2) D'un autre côté, quand Walmart arrive quelque part, la concurrence, forcément moins forte, meurt, ce qui enlève les emplois que Walmart avait crées.
Mais, globalement, la création de richesse reste positive, tout simplement parce que Walmart est extrêmement efficace.
Dire que son efficacité retranche de la valeur (parce qu'ils tuent les concurrents plus faibles et gère au cordeau leur personnel) est une vraie stupidité anti-progressiste.
Au final, le juge de paix, c'est le consommateur, et il plébiscite Walmart...comme il plébiscite Amazon.
L'e-commerce est souvent plus efficace que le retail physique (la preuve les prix y sont plus bas), il va prendre 15 à 20% à terme de PDM (au détriment du retail donc en supprimant des emplois) alors fait-on pour autant un procès à l'e-commerce en général ?
Posted by: Michel de Guilhermier | December 29, 2009 at 07:32 PM
Je ne suis pas sûr que Gérard Mulliez comprenne bien le terme "niakeux", mais j'imagine qu'il l'apprécierait ;-)
Posted by: Olivier S | December 29, 2009 at 07:54 PM
@ The Dudde
Merci excellent article sur Walmart. Michel à probablement raison sur une certaine création de valeur qui est finalement plébiscitée par le juge de paix, le client, qui années après années et encore plus en période de crise se rue dans les supermarchés Walmart.
Mais les succès de ces discounters sont le symptôme d’une paupérisation des travailleurs et finalement des clients qui (faut avoir envie d’y aller) vont chez WalMart, ED ou autres Lidl parce qu’ils n’ont plus d’autre choix. En France, ce qu’on appelait « la classe moyenne » en est souvent cliente par obligation.
Ce n’est pas faire preuve de poujadisme, d’anti progressisme ou de gauchisme exacerbé que de regretter que derrière ces succès se cachent un nivellement vers le bas des produits alimentaires, des salaires, des droits sociaux, de l’emploi, dans ces entreprise et dans leur écosystème.
Michel a dans ses articles un point de vue intelligent, robuste et affuté sur les P&L, rentabilité, mode industriel, marketing…mais est souvent d’une discrétion de violette sur les aspects sociaux.
Par exemple :
Que penser de la croissance des nombreux travailleurs pauvres en France (4 millions), dont certains travaillent aussi dans la grande distribution et qui n’ont même pas de quoi vivre de leur revenus ?
Que penser de la malbouffe et de l’augmentation du poids des Français, et surtout des jeunes, gavés de produits manufacturés par les bons soins de l’industrie agro alimentaire qu’on retrouve dans ses grandes surfaces.
Bref, chers amis, fuyez les grandes surfaces, n’y allez que pour acheter du papier toilette, ils sont très compétitifs sur le sujet et foncez chez vos commerçants artisans…
Posted by: Philippe | December 29, 2009 at 09:47 PM
Salut Michel!
Pour ma part, au sujet du débat sur la dégradation du pouvoir d'achat et sur le pessimisme en général sur notre société d'aujourd'hui (Philippe vous utilisez des propos tyranniques); je n'y crois pas un instant.
Quand on voit que ses personnes qui "peinent" pour survivre en allant faire leurs courses chez Lidl ou Leader Price, et que chez eux, on trouve de magnifiques écrans plats, je crois qu'il faut relativiser.
Je crois que le problème n'est pas que la baguette coûte 0,95 ou 1€, que les distributeurs ou les industriels prennent 1 ou 2% de marge de plus ou de moins.
Je crois plutôt que la société de par les publicités ou les clips vidéos de rappeurs entourés de Lamborghini et entourées de créatures "de rêve" donnent de faux benchmark aux gens, surtout à nous, les jeunes.
Puisque vous parlez des caissières Philippe, parlons-en. Je suis pour ma part commerçant, et j'ai pris d'énormes risques personnels et professionnels en lançant ma affaire. Je roule dans une voiture qui affiche plus de 300 000 kms au compteur, et ne fais guère de dépenses inutiles.
Une de mes clientes, caissière de sa profession , me rend régulièrement visite avec sa belle décapotable achetée à crédit, sort volontiers et fièrement son iPhone, ou se réjouit de ses dernières bottes D&G.
Tout ça pour dire que si après qlqs années de durs labeurs à coups de semaine de 80h comme je les fais, je réussis...qu'on ne jette pas la pierre si je m'achète une belle maison, ou une belle voiture, ou de belles vacances...peu importe.
Arrêtons les conneries, si l'on bosse 35h par semaine, on fait le choix d'un confort de vie à court terme, et on ne peut pas espérer avoir la lune.
Arrêtons ce pessimisme français où la vie serait une corvée, et où bosser 35h serait abusif.
Continuez vous de vous plaindre, ça améliorera certainement votre situation.
Si vous n'êtes pas satisfait de votre condition de vie, agissez pour changer les choses. Vous gaspillez du temps et de l'énergie en essayant de savoir si Gérard Mulliez roule Porsche ou Peugeot. Occupez vous de vos fesses.
N'y voyez là aucune attaque personnelle, simplement un ras le bol face à ce pessimisme général.
Bastien
Posted by: Bastien | December 30, 2009 at 11:33 AM
Magnifique commentaire Bastien !!!
Bravo !
Posted by: Michel de Guilhermier | December 30, 2009 at 11:42 AM
@ Bastien,
je souscris entièrement à vos propos, tout comme je souscris à ceux de Philippe, c'est sûrement pourquoi je ne suis pas sûr de voir le rapport entre les deux. Est-ce bien le même débat?
@Michel,
le modèle Walmart est perfectible (enfin, c'est mon avis), je vois plutôt ça comme une bonne nouvelle pour un entrepreneur aimant les défis (ok c'est déjà du beau défi, mais voyons grand que diable !)
Posted by: The Dudde | December 30, 2009 at 12:00 PM
@Bastien,
Belle oraison jaculatoire...qui vous a valu un bon point !
Ah je l'attendais le coup du petit-patron-qui-se-tue-au-boulot-tous-les-jours-pour-un-salaire-de-misère-mais-qui-fini-par-réussir-à-la-force-du-poignet, pendant que ses-fainéants-d'employés-qui-se-vautrent-dans-les-35-heures-vivent-a-crédit-en-regardant-leurs-ecrans-plats-et-en-se-gavant-de-chips....
Chers Bastien & Michel,
j'ai aussi beaucoup travaillé et je continue, je suis entrepreneur aussi, je suis cost driven car c'est une obligation mais je me suis toujours attaché à payer au-delà du marché mes collaborateurs tout en étant sans concession sur le niveau de perf attendu.
Désole. Je suis plus admiratif du modèle de Bill Gates qui fût le premier a ouvrir les plans de stock option à tous ses employés, tous sans exception, et donc à les enrichir, que celui de Sam Walton ou autre qui pratique la déflation sociale.
D'ailleurs c'était le fond de mes précédents posts.
Je n'ai pas parlé des 35 heures (je suis contre), je trouve normal de gagner de l'argent quand on a prit des risques, la réussite ne me gêne pas et je suis contre le pessimisme ambiant...donc pas la peine de me jeter cela au visage. On peut aussi avoir une opinion différente.
Enfin,
je vous conseille si vous ne le faîtes pas de vous investir dans des associations caritatives. Personnellement je suis bénévole depuis des années au Resto du cœur. Allez-y cela vous permettra de vous sortir de vos univers et de rencontrer des gens différents de vous...et vous vous rendrez compte que le "quand on veut on peut", "tout le monde à sa chance", n'existe pas plus que "la main invisible du marché" n’existait. Par contre vous vous rendrez peut être plus compte que la misère est bien là. Cela c’était pour répondre à mon prétendu lyrisme social du taulier du blog.
@Bastien,
pour finir, votre histoire de la caissière fashion victim, qui roule en décapotable....Soyons sérieux. Si elle existe ailleurs que dans votre imaginaire, croyez vous qu'elle soit représentative du genre ?
Bien sûr, aucune attaque personnelle dans ce que j’écris. Je respecte vos points de vue. Je suis admiratif de vos réussites. J’émets juste un avis différent.
Posted by: Philippe | December 30, 2009 at 12:32 PM
@ Philippe: Dans ce cas, nos visions sont sensiblement identiques. Je veux simplement veiller à ne pas tomber dans un discours où la vie serait facile pour certains (les méchants employeurs) et difficile pour d'autres (les gentils employés). Tout le monde a ses difficultés, quel que soit le côté dans lequel on se trouve. J'ai été des 2 côtés, les 2 ont des plus et des moins et c'est pourquoi je voulais rappeler certaines choses. Et soit dit en passant, je ne suis pas contre les 35h, je trouve super de pouvoir profiter du temps libre pour avoir une vie perso plus équilibrée, je voulais juste dire qu'il est utopique de bosser 35h, et prétendre en même temps manger du foie gras et avoir la décapotable. La personne dont je parlais fais probablement ses courses chez Lidl pour pouvoir se payer son plaisir à elle: sa décapotable. Si elle est heureuse ainsi, c'est génial!
Par ailleurs, je trouve remarquable et exemplaire que vous trouviez le temps de participer aux Restos du Coeur, j'y ai personnellement pensé depuis qlqs mois, mais n'ait pas eu le courage d'aller au bout contrairement à vous. Je le ferai certainement un jour.
Dans tous les cas, de par la nature de mon business, tout ce que je fais oeuvre pour le mieux-vivre des gens et je passe 80% de mon temps à écouter les pbs de gens et essayer de les aider. Donc je ne pense pas être un salaud, perché et inconscient du monde qui m'entoure.
Si j'ai réagis un peu crument, c'est aussi parceque j'ai rencontré des membres de la famille Mulliez, et qu'ils ne roulent pas en décapotable et qu'ils font un paquet de social. Il y a ce que disent les medias, et puis il y a la réalité.
Pour ce qui est de la caissière, elle n'a rien d'imaginaire, croyez moi, aucune exagération dans ma description; je ne dis pas que toutes les caissières sont comme elles, mais attention dans un cas comme dans l'autre de ne pas tomber dans des extrêmes. C'est pourquoi je voulais contrebalancer votre intervention pour équilibrer un peu tout ça.
A bon entendeur...
Bastien
Posted by: Bastien | December 30, 2009 at 01:10 PM
@ Philippe:
J'oubliais: je pense pour ma part que tout le monde a sa chance. Pour certains c'est plus difficile que pour d'autres, certes, mais tout le monde a sa chance dans la vie.
Et je vous remercie d'avoir fait preuve de positivisme en relevant tout ce qui se fait de bien (Bill Gates, vos actions au Restos du Coeur, ou le fait que vous surpayiez vos collaborateurs...) car ça, ça donne envie de construire et de positiver.
Voilà quel était le but de mon intervention -positiver les choses- je me réjouis donc que nous y soyons parvenus.
Posted by: Bastien | December 30, 2009 at 01:21 PM
Amour, Paix, Prospérité voilà ce qu'on peut souhaiter en 2010 à ce blog, aux commentaires, et aussi au taulier qui parfois réagit un peu sec aux avis différents...
Enfin, j'dis cela mais moi le web, c'est pas trop mon truc, je suis tombé là en faisant taulier sur Google
;)
/Olivier
Posted by: /Olivier | December 30, 2009 at 10:15 PM
Bonjour a tous
J'espère, ne pas me faire traiter de poujadiste ou autre nom d'oiseaux pour moi incompréhensible avec cette intervention, mais je me devais de réagir au affirmations suivantes :
1 - Amazon est un discounter
Certes Amazon travaille ses prix sur la gamme des best-sellers et en a fait une promesse marketing forte, mais on le sait ce n'est pas sur les best-sellers qu'Amazon rentabilise son business. C'est bel est bien sur les produits de la longue traîne.
De plus Amazon est loin (même parfois très loin) de proposer les prix les plus compétitifs. Certes ces prix sont au début de la fourchette basse du marché. Mais en fait si onachète chez Amazon, ce n'est pas pour les prix, mais bel et bien pour tout le reste. "Tout ce reste" c'est bel et bien la longue traîne des produits aux marges raisonnables (pour le distributeur) qui le paie.
2 - Le modèle Walmart contribue à la Paupérisation de l'état Américain (M... moi aussi j'utilise des mots incompréhensibles |-/ ).
Et ce n'est pas moi qui le dit mais bel et bien un président aussi social que Georges Bush (lol).
Certes la frugalité du concept de départ est devenu peu à peu la cause d'un fort dumping social interne destiné à créer toujours plus de valeur client due à la promesse des prix les plus bas (Walmart est le premier employeur du pays depuis plus de 10 ans).
Mais cela a causé également le même dumping chez les fournisseurs Américains (et choisi comme tel au départ par Walmart) obligé de suivre la stratégie d'un distributeur devenant chaque jour plus incontournable.
La délocalisation s'est rapidement imposée comme étant la solution permettant à ces fabricants d'assurer le challenge et aux emplois des conccurents détruits par la stratégie de Walmart s'est ajoutés ceux des fournisseurs de ce béhémoth de la distribution.
On parle souvent du fait que la chine est le principal détenteur de dollars. La stratégie de Walmart est l'une des raison quantifiable de ce phénomène.
Si la stratégie Walmart était au départ assée vertueuse, poussée à l'extrême (comme aujourd'hui) elle représente une formidable machine à broyer de la valeur (humaine et entrepreneuriale) ayant la taille d'un état et fonctionnant au dela du raisonnable.
Alors, certes la frugalité d'une structure permet de tirer le meilleur d'une entreprise et de sa rentabilité (je suis en train de relire "Dune" et j'imagine la leçon que l'on pourrait tirer des Fremen appliqué à une stratégie).
Mais poussée au dela d'un certain seuil la frugalité peut (Amha) rapidement se transformer en suicide de la raison.
C'est vrai, qu'en fait, ce sont bel et bien les clients qui poussent les entreprises à cette course aux meilleurs prix. En tant que consommateur je ne peut que me sentir coupable de cet appauvrissement de l'industrie destiné à me satisfaire.
A notre époque ou toute conduite dangereuse pour notre santé ou le bien commun est proscrite. Ou des dispositifs matériels, financiers ou légaux sont mis en place pour nous éviter tout comportement dangereux. Il est presque scandaleux que nous puissions consommer de la sorte en mettant en périls des entreprises, des emplois ou même des états.
La valeur travail, c'est nous tous qui la bradons sur l'hôtel du discount*.
Alors que celui qui n'a jamais péché me lance la première pierre....
______
(*) Non ce raisonnement n'est pas un sophisme, même si vous auriez voulu qu'il le soit.
Posted by: Munchausen | January 04, 2010 at 06:29 PM
@Munchausen,
A mon tour de réagir :
- Amazon est bel et bien un discounter, souvent parmi les moins cher, et on achète chez lui pour les prix ET la fiabilité du service. Je ne vois pas très bien comment tu peux affirmer qu'Amazon est parfois très loin d'offrir les pris les plus compétitifs ? Soyons lucide, les consommateurs font rapidement le tour des prix du web, les comparateurs de prix/moteur de shopping les y aident grandement, et si un acteur est vraiment mal placé, il est de suite "hors marché".
- Concernant là où il fait de l'argent, tu dois être sacrément bien informé pour affirmer "on le sait"!! La seule chose qu'on puisse reconstituer en travaillant vraiment les chiffres, c'est que la marge brute sur les produits achetés et vendus est de l'ordre de 13% (ce qui soit dit en passant montre bien le caractère fortement discounter d'Amazon) et que les bénéfices de la market place représente 60-70% du total des bénéfices.
- "Walmart contribue à la paupérisation de l'Etat américain" ! En tous cas, les consommateurs eux se réjouissent d'avoir leur pouvoir d'achat qui s'embellit avec Walmart ! Sur le fond, on pourrait en débattre pendant des heures, surtout en posant des chiffres sur la table et pas seulement des mots, mais je ne peux que te confirmer que c'est une affirmation sans fondement. Walmart crée in fine, globalement, de la valeur, ce une fois qu'on a fait la balance.
- Quand je regarde Sam Walton, je ne vois pas l'homme qui a prétendument créer une "formidable machine à broyer de la valeur", mais bien le formidable entrepreneur qui se battait pour offrir aux consommateurs les prix les plus bas possibles. Ceux-ci lui rendent bien puisque Walmart c'est aujourd'hui 10% de toute la distri américaine et peut-être aux environ de 5 Milliards d'actes d'achat/an...
Posted by: Michel de Guilhermier | January 04, 2010 at 08:47 PM
Sinon, je suis assez étonné par ce procès qu'on fait ici à la grande distribution en général et à Walmart en particulier !
Les choses en sont jamais simples, blanches ou noires, et lancer par quelques formules chocs des accusations lourdes n'est pas une pratique que j'aime, ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle. Un vrai débat, ce n'est pas ça.
Quant à Poujade, c'est celui qui il y a qq dizaines d'années avait pris la défense des "petits commerçants"...
Posted by: Michel de Guilhermier | January 04, 2010 at 08:52 PM
@Michel
Tout d'abord, j'aimerai dire que le salaire des patrons ou des traders ne m'empêche pas de dormir et que je suis loin d'avoir une vision en noir ou blanc, de droite ou de gauche.
A la 2D de la pensée (stratégique ou politique) je préfère (et de loin) prendre du recul pour trouver des dimensions supplémentaires apportant du relief à mes réflexions (enfin, du moins, j'essaye car je l'avoue en homme d'action je fige sciemment certains de mes jugements pour avancer).
Il n'y a nulle attaque personnelle dans mon discours, juste un avis personnel sur 2 visions de la frugalité qui me paraissent éloignées l'une de l'autre bien qu'évoquées conjointement : Amazon & Walmart. Je m'explique...
C'est a mon avis la différence entre se mettre à la diète et entamer un jeûne (puisque nous utilisons une sémantique liée à l'alimentaire^^).
En ces lendemains de fêtes propices aux excès en tout genre, nous sommes nombreux à nous mettre plus ou moins à la diète. C'est bon pour notre santé et cela nous apprend à redécouvrir la valeur d'une alimentation équilibrée, "rentable" pour notre santé au quotidien.
Hors de toute considération mystique, le jeûne a un objectif tout a fait différent qui est de mettre à mal notre santé physique pour pousser notre organisme (ou notre conscience) hors de ses limites et apprendre comment les dépasser pour aller plus loin. Cette connaissance à pour but d'être utilisée ensuite à l'augmentation des capacités de celui qui les possède.
La différence entre la diète et le jeûne, c'est que l'une peu se prolonger sans problème alors que l'autre doit être arrêté avant de causer des dommages physiques trop importants.
A mon humble avis, alors qu'Amazon et à la diète, Walmart lui jeûne et ne peut plus s'arrêter.
Je ne suis jamais allé aux Etats Unis mais par contre je sais en ayant consulté quelques chiffres concernant Walmart c'est qu'il n'est en rien comparables à l'empire des Mulliez. Ce serait comme comparer une souris avec une montagne.
Aucune entreprise Française est comparable a Walmart, même réduite à l'échelle de notre territoire.
Michel, si Walmart s'intéressait vraiment au marché Européen (Je crois même qu'ils on revendu SPAR ?), je suis sûr que vous seriez le premier "poujadiste" de la blogosphère près à élever la voix pour protéger Gérard Mulliez face à l'invasion Américaine. Comme c'est le seul à ne pas être coté en bourse, il serait aussi le seul capable de s'opposer à un achat du géant Américain.
Imaginez,... je gobe Carrefour au petit déjeuner, je me fait les dent sur le Hard Discount au déjeuner en attendant de manger Leclercq au Dîner. Je ne délire pas, cette journée pourrait bel et bien arriver si l'Américain avait envie de s'offrir le marché Français. Rien (a part Gérard) ne pourrait s'opposer a cette entreprise au CA de plus d'un milliard de dollars par jour (404 Milliards $ en 2009 plus de 13 Milliards $ de résultat net). Comparez avec les CA de Carrefour (87 Milliard €) ou Mulliez (40 Milliard €). Bon aller, rassurons-nous on sait que Walmart est plutôt frileux dans ses achats.
Face au rouleau compresseur Walmart, le modèle de Gérard Mulliez est immensément humaniste et sait réellement réinvestir la valeur (humaine et financière) créé dans l'entreprise. Bref, je sens que je deviens moi même "poujadiste" ^^.
Non, je n'ai rien contre la grande distribution.
Mais il est vrai que Walmart me semble être, même si elle sait créer de la valeur pour elle même (et accessoirement pour ses clients) une entreprise bien trop grande, à l'écosystème bien trop important. La destruction créatrice générée par ce mastodonte n'est plus dangereuse seulement pour un secteur ou un marché, mais intervient bel et bien sur un grand nombre de business à l'échelle macro-économique ce qui est un cas de figure qui n'était pas prévu par Schumpeter.
C'est une grande première pour le monde, et je ne suis pas sûr que le business-model de Walmart ne finisse pas au final comme un Jeûne vraiment trop prolongé.
Citation : "les consommateurs eux se réjouissent d'avoir leur pouvoir d'achat qui s'embellit avec Walmart !"
D'environ 24 Milliards de $ par an.
C'est bien, ce que je disais, tout cela c'est en fait la faute a ces c.. de consommateurs toujours à la recherche des prix les plus bas, au mépris de toute logique de valorisation produit, de qualité, de respect du travail,...
Citation : "Les choses en sont jamais simples, blanches ou noires, et lancer par quelques formules chocs des accusations lourdes n'est pas une pratique que j'aime, ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle. Un vrai débat, ce n'est pas ça.
L'accusation de "Paupérisation" est, si je me rappelle bien, extraite d'un discours de Georges Bush en 2004 alors en campagne contre un John Kerry lui même très remonté contre Walmart.
Pour les formules chocs, je suis désolé, mais c'est ma façon de réveiller les lecteurs. Je ne le fais pas pour être particulièrement malhonnête avec qui que ce soit.
Je trouve que c'est un vrai débat simplement par le fait que je suis prêt à accepter de me tromper. Je n'ai pas d'égo face à des arguments qui semblent justes (la preuve ci-dessous^^).
Citation : "Amazon est bel et bien un discounter, souvent parmi les moins cher, et on achète chez lui pour les prix ET la fiabilité du service. Je ne vois pas très bien comment tu peux affirmer qu'Amazon est parfois très loin d'offrir les pris les plus compétitifs ? "
Oui, c'est vrai, tu a raison Michel c'est un discounter et je suis tellement attaché à toutes les autres qualités qui font que j'aime Amazon que je n'avais, même pas vu cette évidence.
C'est vrai, que je n'ai personnellement jamais acheté chez Amazon pour le prix, mais bien pour tout le reste (Haaah cette logistique^^)
Quand au fait, qu'ils ne proposent pas les meilleurs prix, je ne vais pas me lancer dans une comparaison d'offre alors qu'en fait on trouve au sein même de la Market-Place des prix de 10 à 15% moins cher (on oublie eBay et autre). Mais c'est vrai à structure d'entreprise équivalente Amazon est aligné sur "les prix bas du marché".
Personnellement je n'ai pas travaillé avec Amazon. Les informations que je détiens sur le volume de vente de la longue traîne viennent de Chris Anderson qui détaille dans son ouvrage que la majorité du CA d'Amazon au US est générée par les ventes unique ou en petites quantité : http://www.munchausen.net/?p=114
Bref des produits sur lesquels Amazon n'a aucune raison de faire des efforts sur la marge. Je pense donc logiquement que les marges faibles des best-sellers est compensée par celle des produits moins populaires mais plus rémunérateurs.
Certes c'est une simple supposition de ma part, mais je pense qu'elle n'est pas si éloignée que ça de la vérité.
Michel, certes j'ai des avis tranchés et bien souvent totalement faux ou délirant. Il ne faut voir dans cela que la preuve de ma part d'un certain manque de compétences ou d'information. En fait c'est pour éviter de dire trop d'idiotie que je fréquente de Blog qui est a mon avis une sacré source d'information.
En un mot, je suis la pour apprendre...Merci d'avoir répondu à mes interrogations. ^^
Note : Les produits de la market-place sont souvent positionnés en terme d'offre sur la longue traîne. Ces petites structures (je parle des pros) prennent parfois le risque de créer des stocks de produits qui deviennent au bout de quelques mois exclusifs car introuvable chez les éditeurs (ou fabricants). C'est une stratégie intéressante bien que prenant un risque logistique que plus personne ne prend aujourd'hui.
Posted by: Munchausen | January 05, 2010 at 03:02 PM
@Munchausen,
Rassure toi, je n'ai pas vu d'attaque personnelle du tout, juste des critiques un peu légère (=pas étayée du tout) sur le système grande distri et Walmart.
Que ce système ne soit pas tout rose, évidemment, mais qu'on m'en cite un seul de modèle qui réunisse un consensus absolu !!
Il y a un bon livre que je trouve très biaisé sur Walmart, mais qu'il faut lire, c'est "Walmart, the high cost of low prices". Biaisé car on ne parle des des problèmes causés par walmart, pas de la valeur qu'ils créent. De fait, avec une boite qui fait 400Mds$ de CA et emploie plus de 2M de salariés, il ne peut pas en être autrement qu'il y ait de nombreux problèmes.
Sinon, Walmart n'a pas revendu Spar qui est lié à Intermaché...c'était un autre retailer allemand (Verkauf), mais peu importe, car en effet ils sont repartis d'Allemagne la queue très basse.
Contrairement à ce que tu dis, ils s'intéressent bel et bien au marché européen, mais celui-ci est très compliqué pour eux et les cibles peu nombreuses. Ils ont racheté Asda au UK, n°3 de la distri la-bas (après Tesco et Sainsbury) et ont fait une offre à Auchan...refusée par la famille.
Pour les grandes citations des politiques (ie Georges Bush sur Walmart)...ce sont des citations de politiques en mettre en contexte et à prendre pour ce qu'elles sont...
Aldi est le champion mondial du hard discount, des produits basiques, des magasins basiques...Pourtant, les fournisseurs d'Aldi sont très heureux : des contrats stables, des gros volumes, etc. En clair, on peut etre très low price et avoir des fournisseurs heureux. Attention aux raisonnements trop rapides...
Le système Amazon de market place est redoutablement efficace : soit ils mettent des produits de tiers en market place et sont alors les moins cher et prennent une commission au passage, soit ce sont des produits à eux (achetés et vendus par Amazon) où ils sont bien placés.
Chris Anderson est un journaliste, il n'a pas eu accès à la comptabilité analytique par produit d'Amazon.
La market place réalise les 2/3 environ des benef d'Amazon.
Tous les autres grands de l'e-commerce, de Pixmania à RueduCommerce et Fnac, veulent leur marketplace, et Carrefour a fait un appel d'offres la-dessus...
Posted by: Michel de Guilhermier | January 05, 2010 at 09:57 PM
Bonjour,
L'article date un peu mais je voulais savoir quand est-il des marketplace et de l'appel d'offre de carrefour ?
Posted by: martin | September 27, 2011 at 05:03 PM