Avec un CA en baisse de 15% et des bénéfices en baisse de 80% vs Q1 2008 (inflaté cependant par un one-off gain sur Alibaba), Yahoo n'est clairement pas au top, ce qui doit laisser à certains actionnaires le goût amer d'avoir laissé filer l'année dernière l'offre de Microsoft (2 fois plus élevée que le cours de Bourse actuel).
Certes, le nouveau CEO, Cariol Bartz, fait un excellent travail de réduction de coûts (1600 personnes licenciées en décembre dernier, un nouveau plan de près de 700 personnes annoncé hier, soit au total 15% des effectifs dehors en quelques mois), surtout dans les domaines administratifs et commerciaux (laissant intact la nécessaire capacité de R&D) mais remettre Yahoo sur une trajectoire de croissance s'avère autrement plus délicat.
Avoir de la poigne, bien manager, réduire les dépenses, couper les coûts est une chose (une bonne), mais un levier encore plus grand vient quand même d'avoir une vision et une stratégie claire sur comment faire fortement croître les revenus ! Et sur cet aspect, c'est encore le flou total et si le CEO a un plan, elle l'a bien gardé pour elle !
Gil Amelio, en son temps, avait aussi su couper les coûts chez Apple, mais il a fallu attendre le retour du fondateur Steve Jobs pour mettre la firme sur l'incroyable trajectoire de croissance et de rentabilité que l'on connaît (CA x 8 en 10 ans, une superbe marge nette de l'ordre de 14%), à coup d'innovations majeures : iMac, iPod, iPhone !
Entre un excellent manager et un visionnaire, la différence est énorme en fin de compte ! Mais pour bien réussir, il faut les 2. Steve Jobs, qui n'est peut-être pas le meilleur manager de la terre (autoritaire et parfois cassant à l'extrême), a cependant un don pour repérer et mettre en place de super executives, ainsi que le charisme et la vision pour bien les driver et en tirer le meilleur, que ce soit Tim Cook, l'actuel COO, Jon Rubinstein (ex responsable de la division hardware, maintenant CEO de Palm), l'anglais Jonathan Ive, Senior VP en charge du design, ou Ron Johnson à la tête de l'incroyable division retail, la chaîne de distribution qui a connu la plus belle croissance de toute l'histoire du retail mondial !
A noter aussi que Jonathan Ive était chez Apple du temps d'Amelio, arrivé en 1993, mais visiblement ce dernier n'avait pas su exploiter son potentiel et bien le driver. Steve Jobs sait parfaitement où il veut aller, à un sens inné de ce qu'il faut (il se fiche d'ailleurs pas mal de sétudes consommateurs) et pousse ses hommes dans la direction qu'il veut. Ainsi, c'est lui qui a imposé le clavier tactile sur l'iPhone alors que tout son management voulait un vrai clavier mécanique...

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